Je me lève , et ouvre la baie vitrée . Il fait bon dehors , même si on entame le mois d'octobre . J'aime bien l'atmosphère de cet appartement . Je peux encore sentir par endroit son odeur , celle qui me manque tant . Et même si je me suis juré de ne pas y repenser , je ne peux pas m'empêcher de l'imaginer , là , assis sur le bar , attendant son bisou du matin , quand on était pas encore « trop proches » . Il voulait toujours ce baiser , pour soit - disant , bien commencer la journée . J'aimais lui donner , j'aime toucher sa peau , c'était devenue une habitude . On jouait , on rigolait , mais jamais on ne s'est avoué notre amour respectif , jamais ouvertement . Juste une fois . Je pense que ça lui faisait peur de me l'avouer , en sachant que c'était strictement interdit , et dégoûtant aux yeux de la société .
Moi , je l'ai toujours accepté . Je n'en ai pas eu honte . Je savais que je l'aimais , tellement fort que j'en faisais des rêves louches la nuit . Heureusement qu'à cette période encore on ne dormait pas ensemble . Jusqu'à cette nuit .
Je m'étais couché , relativement épuisé par cette journée . Et pour cause : nous étions le 1er septembre 2009 . Le jour de nos 20 ans , très exactement . Avez - vous déjà connu des journées parfaites , sans aucun problème , et avec même quelques surprises ? Et bien , le jour de mes 20 ans en était une de journées parfaites !
On avait passé la journée à flâner dans New York . On avait rien prévu de bien particulier , à part peut être de manger à l'appartement le soir . Il voulait absolument qu'on soit seul , tous les deux , pour enfin se souhaiter un joyeux anniversaire comme il le fallait . On était passé dans toutes sortes de magasins pendant la journée . On en avait profité pour acheter de quoi se nourrir le soir : de l'Italien , du Français , du Chinois , il y avait vraiment de tout dans nos poches quand on passa la porte d'entrée de son appartement . Il avalait sa salive toutes les deux secondes , salivant beaucoup trop en sentant les odeurs de la nourriture que l'on portait . Je me moquais de lui , rigolant à gorge déployé . Il pestait contre mes moqueries et me donnait des coups de coudes des les côtes .
__ - How ! Brute épaisse , va ! Tu oses taper ton frère jumeau !
__ - Brute , oui . Mais épaisse , je sais pas ce que tu as dans les yeux , Tomi !
On avait encore explosé de rire en attendant sa remarque . Il sortait tout le temps des blagues comme ça , et on rigolait ensemble , profitant du bon temps passé entre frères jumeaux . On ne se compliquait pas la vie , et on faisait généralement dans la simplicité . J'avais déposé les sacs pleins de nourritures sur le bar , et il s'était assis sur celui - ci . Il prenait un malin plaisir à me regarder m'agiter dans tous les sens : je voulais que cet anniversaire soit parfait , que l'on profite , et surtout , que l'on s'en souvienne . Il fredonnait les chansons qui passaient sur la radio que je venais d'allumer , et frappais dans ses mains pour marquer le rythme . Il me faisait sourire , il était beau , juste éclairé par la lumière de la cuisine . Je me disais tout le temps que ce n'était pas très normal que je trouve mon jumeau beau . J'en avais même parlé à Monsieur , que je ne voyais plus beaucoup , et il m'avait semblé encore plus préoccupé que le dernière fois , en me disant qu'il s'occuperait de moi plus tard .
Mais ce n'était pas le moment pour moi de m'inquiéter ! Je regardais Bill sortir sur le balcon pour pouvoir fumer sa cigarette du soir . Il faisait noir dehors , et je ne le voyais plus . Je me retournai donc , et repartais à mes occupations . Je mis les plats à réchauffer doucement , et installais sur la table basse , devant la télé , la nappe avec les assiettes , les verres et les baguettes . J'avais prévu un petit jeu pour voir son agilité . Je mis le minuteur pour ne faire brûler les plats et sortis sur le balcon pour voir ce que Bill faisait . Je passais la porte vitrée et me retrouvais dans le noir complet . J'entendais bien sa respiration , mais le balcon était jonché de transats , tables de salon et ce n'était pas avec sa simple respiration que j'allais me repérer .
Je me dirigeai à tâtons , mettant mes bras devant moi pour me guider et surtout pour ne pas tomber . Je l'entendais rire doucement , ayant sûrement compris que je le cherchais . J'entendis ses santiags claquaient contre le carrelage de la terrasse , et je sentis deux bras m'entourer les épaules . C'était lui , bien évidemment ! Je sentais déjà son odeur bien particulière . Il posa sa tête sur une de mes épaules et se mit sur la pointe des pieds pour me déposer un tendre baiser sur la joue .
Il était vraiment doux ce baiser , je me souviens . Comme un plume , même plus . C'était la première fois que je réalisais à quel point il était doux avec moi , comme s'il voulait me préserver de quelque chose , de quelqu'un . Il posa ensuite ses mains sur mes yeux et me fis lentement me retourner , le plus doucement possible . Tout était doux et lent . Je devinais qu'à un moment je me trouvais en face de lui , juste en face de lui . Je remarquai , grâce à ses yeux qui brillaient , qu'un peu de lumière venant de l'intérieur se diffusait dehors . Je distinguais à peine son visage . Je le vis sourire , et j'entendis sa voix , tellement moins grave que la mienne .
__ - Je peux avoir mon bisou du matin ?
__ - Du matin ? Mais on est le soir ?
__ - Bin , mon bisou du soir , alors !
__ - Hum ... Je sais pas ...
Il rigolait déjà , sachant pertinemment que je lui donnerai ce baiser . Il tapa dans ses mains , comme un enfant surexcité et sautilla . Il me fit rire à cet instant , avec ses manières enfantines . Elles me faisaient craquer : c'est sûrement à cause de ça que je l'aimais aussi fort ! Il me tendit sa joue et j'y déposais mes lèvres . Je sais pas combien de temps on resta comme ça , collés juste avec sa joue et ma bouche , mais à chaque fois que je me reculais pour repartir vers l'appartement , il passait ses bras autour de mon cou , et me recollait contre lui . Je rigolais sur sa peau , j'aimais l'embrasser comme ça , simplement . Il rigolait et moi j'appréciais , parce que même si je ne lui disais jamais , j'adore plus que tout lui donner des petits baisers , comme ça , le plus naturellement du monde . C'était devenu une habitude , c'était normal .
Au bout d'un moment , je sentis comme une odeur bizarre , inhabituelle . Ce n'était pas Bill , puisque Bill sentait bon . Mais ce ne venait pas de dehors . Je me détacha de Bill , qui me regarda étonné . Je lui adressai un regard lui faisant comprendre que ce n'était pas lui , mais que ça venait de dedans . Il partit vers la baie vitrée , et quand il l'ouvrit , une espèce d'odeur de brûler et roussi . Je courus le plus vite possible , pour constater que nos plats avaient brûlés . Je me retournai vers Bill en jetant la nourriture à la poubelle , et lui dis , presque désolé :
__ - Je crois que l'on va devoir se contenter d'une pizza .
__ - J'ai plu faim Tomi ...
__ - Et le gâteau ?
__ - Ah ! Le gâteau , c'est pas la même chose !
Moi non plus je n'avais pas spécialement faim , mais j'aurais pu facilement manger . Mais puisque mon jumeau ne voulait que le gâteau , je le sortis du frigo , et le découpai délicatement pour ne pas le détruire . Je voulais vraiment qu'il soit tranquille , ne surtout pas le contrarier , juste le taquiner pour l'aimer un peu plus . Et même si maintenant je suis seul , dans son appartement , allongé sur le canapé , là où on avait ce gâteau .
On passa le soirée à déguster le gâteau , à jouer de la guitare pour moi , lui , fredonnant des grands classiques sur les airs que répandait ma guitare . Il se moquait de moi quand je me trompais de cordes et je lui sautais dessus pour le chatouiller , jusqu'à qu'il en ait mal au ventre . J'avais enlevé ma casquette que je portais habituellement , et prenais un malin plaisir à le torturer avec mes dreadlocks devenant un peu trop longues . Il se débâtait sans grande conviction , savant pertinemment que j'avais plus de force que lui . Il rigolait à un point de se tenir , en plus d'avoir mangé pratiquement la moitié du gâteau . On passa pratiquement toute la soirée à se chercher sans réellement se trouver , juste pour s'amuser un peu ! Je ne pensais plus du tout à Monsieur , je concentrais juste mon attention sur Bill . Peu avant minuit , il me fit m'asseoir sur le sol , se mettant en tailleur en face de moi . Je le regardais , attendant sûrement quelque chose . Mais rien , il ne fit rien à part me regarder . Je le fixais donc à mon tour et détaillais tout son visage . La joue m'appelait pour que j'y dépose mes lèvres , mais il n'aurait pas forcément bien réagi .
On resta comme ça jusqu'à la minute avant minuit , juste avant le jour suivant . Et à 23h59 , il me sauta dessus et me serra de toutes ses forces . J'étais entouré de ses bras , et les miens étaient dans son dos . Il mit directement sa bouche dans mon cou : ça me rappela instantanément mon rêve . Ma respiration se fit plus saccader , mais je savais bien évidemment qu'il ne voulait pas ce genre de choses ! Je me contrôlais de la meilleure manière que je trouvais , et attendais qu'il me dise quelque chose . Je le serrai plus contre moi , jusqu'à moi aussi mettre ma tête au creux de son cou . On était là , enlacés comme jamais , proches au possible , juste bien . Il déposa un petit baiser sur ma peau avant de me souffler un « Bon anniversaire » qui donna des frissons . Il le sentit et resserra encore son étreinte . Je devinais son sourire dans mon cou , et je lui répondis , le plus naturellement du monde .
__ - Bon anniversaire , petit frère . Je t'aime .
Il joua un moment avec mes dreads et quand on entendis que minuit sonnait sur nos montres , on se releva , sans rien dire , en se regardant juste et on débarrassa . On ne prononça aucun mot jusque dans nos chambres respectives , où on se dit Bonne nuit jusqu'au lendemain . J'enlevai mes vêtements pour ne garder que mon boxer , allai me laver les dents à la salle de bain et retournai me glisser sous les draps . Je me sentais terriblement seul , ce soir de 1er septembre , entamant le second jour du mois . Et puis , comme par magie , je vis un ombre fine se dessiner dans l'embrasure de la porte . C'était Bill . Il poussa doucement la porte de la chambre et vint s'asseoir sur le lit . Il posa sa main sur ma cuisse et me la secoua , sûrement pour me réveiller .
__ - Qu'y - a - t'il Bill ?
__ - Je ... je peux dormir avec toi ,Tom ?
__ - Oui ! Viens là .
Il passa par-dessus moi , et vint se caller sur mon torse . Il se positionna comme un f½tus et je sentis ses jambes s'enrouler autour des miennes . Je soupirai de bien - être , pouvant m'endormir tranquillement , avec mon jumeau contre moi .
Ce fut donc à partir de ce jour que je dormis tous les soirs avec Bill contre moi , serré contre mon torse . Il mettait tout le temps sa tête sur mon épaule , et enserrait ma taille avec ses bras . J'étais tellement bien ! C'était un état second , juste les quelques minutes avant de m'endormir , chaque soir . Après , je ne sais pas si je le rêvais , mais il me semblait sentir , juste avant de m'endormir , le contact de ses lèvres sur les miennes , comme une infinie caresse qui effleurait mes lèvres .
Ô bien sûr , j'aurais pu rêver , mais un soir , j'eus envie de voir si c'était ma conscience qui me jouait des tours . Je fis semblant de m'endormir , lui , serré comme à son habitude contre moi , rendant ma respiration beaucoup plus régulière , comme avant de m'endormir . Je sentis sa main prendre appui sur mon torse , et devinais sa respiration sur mon visage . Ça ne pouvait être que lui , j'étais contre lui , et je le sentais bouger . Ça me donnait des frissons dans le dos , et il s'arrêta deux secondes , comme s'il avait senti ma réaction . J'entendis sa respiration devenir plus saccadé , et je sentis ses lèvres . Pour la première fois que je m'étais dis que j'étais fou amoureux de mon frère , tellement dingue de lui que je répondis à son baiser sans m'en rendre compte . Il se figea et ouvrit de grands yeux . Je souris légèrement et posai ma main sur sa nuque , en dessous de ses cheveux . Ô combien c'était bon ! Il embrassait comme un dieu , et nos bouches s'assemblaient parfaitement . Je soupirai contre ses lèvres et y déposa un dernier baiser . J'avais rouvert les yeux et je voyais qu'il était surpris . Je lui souris faiblement et approchais de nouveau mon visage . Il se décrispa , et me souris lui aussi , pour reposer ses lèvres sur les miennes . On s'embrassa comme ça pendant un certain temps , se séparant et se retrouvant la seconde qui suivait . Juste nos bouches collées . Je pense que l'on osait pas aller plus loin . J'avais peur de sa réaction , mais quand il m'embrassa une dernière fois , passant juste le bout de sa langue sur mes lèvres , et se callant contre mon torse , comme à son habitude , je repris confiance en moi . J'avais eu la confirmation qu'il m'embrassait tous les soirs , et ce soir là , je l'avais enfin embrassé ! Un nouveau frisson parcouru tout mon corps et je l'entendis rire doucement . Je souris pour moi-même et le rapprochais encore de moi . J'enlaçais mes jambes aux siennes et me repositionnais correctement . Il embrassa mon épaule nue , et je soupirai de bien être . Il mit sa tête dans mon cou et m'avoua , en un souffle :
__ - Je t'aime .
Je m'endormis juste après , rêvant déjà de lui avec moi , pour former un « nous » .
Bonsoir ! Excusez moi pour cette intrusion , mais je commence à saturer , niveau dâte et tout le tralala . Et pourtant je n'en suis qu'au début ! Mais bon , voici ce nouveau chapitre . Bien sûr , j'espère qu'il vous plaira , que vous mettrez tous pleins d'avis , Blablabla .
Mais surtout , je voulais vous dire Merci . Parce que je viens de me rendre compte que je viens de passer la barre des 1000 commentaires . Pfiou ... Je ne m'en suis même pas rendue compte . Je suis à fond dans cette fiction et je regarde même pas le nombre de visites ou commentaires . Vraiment merci !
J'attend vos avis , et merci encore !
Bisous . Julie Bloue .